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Thibault Bordeaux, People Vox : « Le vote électronique fluidifie les élections de CSE »

Par Agnès Redon | le | Communication aux salariés, enquêtes

Après la promulgation des ordonnances dites Macron en 2017, une part importante des premières élections de renouvellement des représentants du personnel de CSE démarrent en 2022. Observateur privilégié de l'évolution des attentes des CSE, Thibault Bordeaux, fondateur de People Vox (prestataire de vote électronique), explique comment cette solution simplifie et sécurise le processus électoral.

Thibault Bordeaux, fondateur et directeur de People Vox - © D.R.
Thibault Bordeaux, fondateur et directeur de People Vox - © D.R.

Pourquoi avoir créé People Vox ?

Aujourd’hui, c’est un marché en plein essor. 

C’est en 2011 que j’ai créé People Vox. Initialement, c'était un institut de sondage, avec une spécialisation d'études internes en entreprise, sur la qualité de vie au travail, le baromètre social mais aussi la performance organisationnelle, des outils internes etc. Nous réalisions également des études marketing. 

En 2018, un DRH m’a contacté au sujet des élections professionnelles pour mettre en place un vote en ligne et nous nous sommes lancés dans le développement de cette solution. Je croyais à tort qu’il était simple de mettre cela en place. Ce n’est pas le cas, tant au niveau technologique qu’au niveau juridique. Un fort investissement en R&D durant près de 2 ans a été nécessaire pour atteindre un niveau de maturité satisfaisant et pouvoir proposer une solution qui permette un accompagnement serein et en toute sécurité.

Aujourd’hui, c’est donc un marché en plein essor. Notre cheminement a été un peu moins rapide d’un point de vue commercial mais nous nous distinguons aujourd’hui par une solution et apportant une vraie confiance dans les scrutins que nous réalisons..

Quelles sont les contraintes à prendre en compte dans les élections professionnelles électroniques ?

Depuis 4 ans, la recherche en cryptographie de haut niveau a beaucoup évolué

Les premières législations au sujet du vote électronique ont été définies par la CNIL en 2003 puis 2010. L’usage de cette technologie s’est considérablement accru en 2016 avec une forte demande de digitalisation.

Cependant, en parallèle à cet accroissement, les contestations liées aux conditions d’organisation des élections se sont également multipliées autour du respect de dispositions juridiques, et sur la sécurité, la transparence et la confidentialité de l’outil. En 2019, la CNIL a mis à jour ses recommandations sur le vote électronique.

Les principes du vote électronique, ce sont ceux de la cyber-sécurité, de la transparence et de la vérifiabilité sur les niveaux suivants :

  • Le vote lui-même ;
  • Le stockage ;
  • Le dépouillement. 

Pour respecter ces principes, il faut chiffrer les bulletins de vote. Mais cela ne suffit pas à gagner la confiance pleine et entière des électeurs, qui veulent être certains que leur bulletin n’a pas été manipulé. Ainsi, le principe de vérifiabilité consiste à apporter la preuve aux électeurs que rien n’a été manipulé et que toutes les étapes ont été respectées, sans jamais révéler le secret de leur vote.

Il était difficile de répondre à cette exigence technique de vérifiabilité mais depuis 4 ans, la recherche en cryptographie de haut niveau a beaucoup évolué, notamment grâce à un nouveau type de chiffrement, qu’on appelle homomorphe.

Quel est le niveau de confiance des élus de CSE sur le vote électronique ?

Certaines organisations syndicales préfèrent une campagne électorale et un vote « classique ».

Il existe quelques réticences, surtout de la part d'élus qui ne sont pas à l’aise avec les outils informatiques, notamment dans le secteur de l’industrie, de l’hôtellerie ou du service à la personne. Ensuite, comme les élections permettent de faire un calcul de la représentativité des syndicats, à la fois de branche ou au niveau national, les enjeux sont très importants.

  • Certaines organisations syndicales préfèrent une campagne électorale et un vote « classique ».
  • Certains élus pensent que le niveau de participation au scrutin sera affaibli par le vote électronique, ce qui est faux. Parfois, l’outil permet même d’augmenter le niveau de participation. En effet, notre solution évite le déplacement des électeurs et envoie régulièrement des rappels sur le scrutin en cours, ce qui encourage à voter.

Quelles sont les attentes principales des CSE que vous observez ?

Pour nos clients, il s’agit de se délester de la corvée des élections sur les 2 aspects suivants :

  • Pour les DRH, les élections sont un temps de surenchère syndicale ;
  • Les élections du CSE sont juridiquement assez complexes et le monde de l’expertise ne maîtrise pas forcément ces aspects. Les élus apprécient le gain de temps de notre expertise tout au long du scrutin du CSE, notamment sur l’accord d’entreprise sur l’utilisation du vote électronique ou d’une DUE, l’annonce sur le lancement des opérations électorales auprès des salariés, l’invitation à négocier le protocole d’accord préélectoral des organisations syndicales représentatives ou l’appel à candidatures. Or, si ces actions juridiquement encadrées ne sont pas respectées, les résultats du vote peuvent être contestés. Nous leur apportons une forme de fluidité, sans possibilité de contestation tout au long du processus.

Les demandes entre les petits et les gros CSE diffèrent-elles ?

Le vote électronique est un véritable gain de temps pour tous les CSE

Il n’y a pas de différence. Le vote électronique est un véritable gain de temps pour tous les CSE. Pour un petit CSE, sachant que le calcul des résultats représente au moins 8000 lignes de code, au sein de notre solution pour tester et fiabiliser les cas possibles, imaginez la complexité du calcul dans les gros CSE et le temps passés à dépouiller.

Aussi, nous consacrons plus de temps à l’accompagnement des petits CSE, qui ne maîtrisent pas toujours le fonctionnement des élections.

En 2022, nous entrons dans une phase de renouvellement de représentants du personnel. Avez-vous des objectifs spécifiques pour répondre à leurs attentes ?

Oui, cela suppose un développement commercial accru. Nous nous préparons à une augmentation de la volumétrie de clients à prendre en charge, tout en ayant la volonté de maintenir la qualité de service. Nous mettons également l’accent sur la recherche et le développement, pour toujours améliorer notre solution.

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