Emploi senior : « 54 % des recruteurs considèrent les 45 ans et plus comme une contrainte » (Indeed)
« Plus d’un recruteur sur deux (54 %) considère que les salariés de 45 ans et plus représentent davantage de contraintes que d’opportunités pour une entreprise », selon l’étude réalisée par Indeed avec OpinionWay, et publiée le 24/02/2026.
« Un décalage entre discours et pratiques »
« Alors que l’allongement de la vie professionnelle s’impose comme un enjeu structurel, l’étude met en lumière un décalage entre discours et pratiques : 87 % des entreprises déclarent être prêtes à faire davantage de place aux salariés de 45 ans et plus, mais 54 % des recruteurs estiment pourtant qu’ils représentent aujourd’hui davantage de contraintes que d’opportunités », selon Indeed.
Dans le détail :
- « 78 % des entreprises considèrent que ces profils sont parfois perçus comme “trop chers” ;
- 77 % expriment au moins une crainte à l’idée de recruter ou de maintenir en emploi des salariés expérimentés ;
- 38 % redoutent une hausse des coûts ;
- 32 % évoquent des difficultés à les faire évoluer ou repositionner ;
- 25 % pointent un manque de flexibilité face aux évolutions rapides des métiers ;
- 21 % craignent des tensions internes. »
Méthode
L’enquête OpinionWay pour Indeed a été réalisée en ligne du 22/01 au 03/02/2026 auprès de :
• 552 recruteurs (issus d’un échantillon représentatif de 1 276 salariés participant aux processus de recrutement dans des entreprises privées de 20 salariés et plus) ;
• 500 salariés du secteur privé, représentatifs des entreprises privées de 20 salariés et plus.
La marge d’incertitude est de 1,9 à 4,4 points pour un échantillon de 500 répondants.
Un « capital expérience » reconnu
Les recruteurs plébiscitent la valeur ajoutée des profils expérimentés :
- « 95 % estiment que leur expérience constitue un atout direct pour la performance de l’entreprise ;
- 93 % reconnaissent leur rôle dans la transmission des compétences ;
- 92 % jugent qu’ils apportent une valeur ajoutée indispensable à l’organisation. »
« Ce décalage révèle moins un problème de légitimité des seniors qu’un enjeu d’adaptation des organisations », déclare Eric Gras, spécialiste du marché de l’emploi chez Indeed.
« L’âge devient un facteur déterminant à partir de 45 ans »
« 20 % des salariés du privé déclarent ne pas rencontrer de difficultés particulières dans leur parcours professionnel. La rémunération apparaît comme le premier frein cité (39 %), notamment chez les moins de 35 ans (48 %, contre 36 % chez les 45 ans et plus) », selon l’étude réalisée par Indeed.
L’âge devient un facteur déterminant à partir de 45 ans :
- « 33 % des salariés estiment que l’âge constitue un blocage (24 % en raison de l’âge lui-même, 15 % en raison des stéréotypes associés) ;
- 47 % des 45 ans et plus citent une raison liée à l’âge, contre 23 % des moins de 45 ans ;
- Pour les 45 ans et plus, l’âge est le premier obstacle identifié (40 %), devant la rémunération (36 %). »
« Des leviers efficaces pour favoriser l’emploi des seniors »
Entreprises et salariés identifient des solutions concrètes, d’après l’étude.
96 % des recruteurs évoquent au moins un levier efficace pour favoriser l’emploi des seniors :
- « Aides financières ciblées (42 %) ;
- Aménagements des conditions de travail en fin de carrière (33 %) ;
- Outils de recrutement adaptés aux profils seniors (29 %) ;
- Ressources ou campagnes de lutte contre les stéréotypes (25 %) ».
84 % des salariés identifient au moins un dispositif utile pour sécuriser leur trajectoire :
- « Passerelles internes facilitées (37 %) ;
- Programmes de formation spécifiques (34 %) ;
- Parcours de formation avec immersion en entreprise (30 %) ;
- Aménagement du temps et du rythme de travail (30 %) ;
- Accompagnement renforcé vers de nouveaux métiers (28 %) ».