Dialogue social

CTER : le rapport préconise de faire du travail « un objet récurrent du dialogue social »

  • Le
  • Gouvernement

« Il y a une nécessité d’installer le “travail”, dans toutes ses dimensions, comme un objet récurrent du dialogue, au-delà des seules questions d’emploi et de développement économique et de renforcer le dialogue social, à l’échelle nationale, des branches et des entreprises, avec une exigence d’efficacité concrète et sans ajout de complexité administrative. » Telle est l’une des principales préconisations du rapport sur les conclusions de la CTER (Conférence Travail Emploi Retraites), publié le 16/09/2026.

La CTER s’est tenue de décembre 2025 à l’été 2026 à l’initiative du Premier ministre. Elle a réuni les organisations syndicales et patronales représentatives des secteurs privé et public autour de trois thématiques interdépendantes : le travail, l’emploi et les retraites. Le ministre du Travail et des Solidarités, Jean-Pierre Farandou, et le ministre de l’Action et des Comptes publics, David Amiel, ont été chargés de son organisation.

Le rapport, rédigé par les trois garants de la conférence, Jean-Denis Combrexelle, Anne-Marie Couderc et Pierre Ferracci, est présenté au Premier ministre le 16/09/2026. La remise aux partenaires sociaux se tiendra ensuite au Cese, le 18/09/2026. Ce document vise à « faire état des vrais enjeux et des pistes envisageables pour le futur du pays », à l’issue de nombreuses des séances de travail, d’après ses auteurs.

« Généralement, ces sujets sont traités séparément : le travail d’un côté, l’emploi de l’autre et, enfin, les retraites. La volonté était de les aborder ensemble. Parler de retraite suppose également de s’interroger sur l’emploi des jeunes, l’emploi des seniors et la qualité de vie au travail. Il existe donc des liens extrêmement étroits entre ces différentes questions », déclare Jean-Denis Combrexelle.

CTER : le rapport préconise de faire du travail « un objet récurrent du dialogue social »
CTER : le rapport préconise de faire du travail « un objet récurrent du dialogue social »

Deux principaux constats

Le document présente deux constats relatés par les garants de la Conférence Travail Emploi Retraites :

  • Le premier est qu’il faut impérativement sortir du 'cercle des oppositions'

« Chaque jour se crée une nouvelle opposition, alors que notre pays a précisément besoin de plus de cohésion et de compréhension réciproque entre tous ceux qui le composent. Présenter les retraités comme se délassant aux frais des actifs sur tous les bateaux de croisière du monde ou les jeunes comme refusant tout effort au travail à la différence des générations précédentes n’aide en rien à cette compréhension réciproque.

Dans les deux cas, il ne s’agit, pour l’essentiel, que de commodes caricatures et de raccourcis, sur lesquels on a pourtant cru pouvoir bâtir des analyses et des ouvrages réputés incontournables, et qui trouvent un large écho dans l’opinion publique. La cohésion de notre pays reste pourtant la meilleure garantie, et sans doute la condition première, du développement de notre économie et de la préservation et du développement de notre modèle social. »

  • Le second constat est qu’il faut sortir du 'cercle des évidences'

« Que ces sujets fassent surgir des adeptes du « y’a qu’à » et du « faut qu’on » dans chaque famille ou réunion d’amis peut faire sourire, tant que cela reste dans le champ du privé. Il en va autrement lorsque, à l’approche d’échéances électorales, le débat public se laisse gagner par la même tentation : présenter comme évidentes des solutions dont les effets sont, en réalité, incertains voire dangereux au regard tant des grands équilibres du pays que des droits individuels et des espérances légitimes de chacun. Il faut admettre que sur les sujets concernés par la Conférence, comme d’ailleurs sur la plupart des autres sujets concernant l’organisation de la société, les enjeux sont complexes et les solutions adéquates difficiles à définir, chacune ayant ses inconvénients.

La recherche de la simplicité et de la compréhension des enjeux par tous doit rester un guide. Mais l’invocation de l’évidence est un faux ami : derrière la simplicité affichée se cachent presque toujours, outre la démagogie et la facilité, des effets non anticipés, dont on mesure le prix une fois qu’il est trop tard pour revenir en arrière. »

« Les garants ne sont pas là pour formuler des recommandations ou des préconisations. Simplement, sur un certain nombre de points qui nous paraissent bloquants, nous envisageons différentes voies de sortie », déclare Jean-Denis Combrexelle, coordinateur de la CTER.


Les participants la Conférence Travail Emploi Retraites

Ont participé à la conférence les organisations syndicales représentatives au niveau national des salariés :

• CFDT, CGT, CGT-FO, CFE-CGC, CFTC ainsi que pour ce qui concerne spécifiquement la représentation des agents publics, l’UNSA, la FSU, Solidaires et la FAFP.

• Côté employeurs, la CPME (devenue « Les Entrepreneurs »), l’U2P, la FNSEA, l’Udes et la FESAC ont été représentées.

• Pour le secteur public, les employeurs étaient représentés par le ministère de la Fonction publique (notamment la Direction générale de l’administration et de la fonction publique), la CET (Coordination des employeurs territoriaux) et la FHF (Fédération hospitalière de France).


Les conclusions établies par les garants

Les garants de la Conférence Travail Emploi Retraites indiquent les conclusions suivantes :

  • « Indépendamment des échéances politiques prochaines, les partenaires sociaux représentatifs, tant dans le secteur privé que dans le secteur public, pourraient se réunir pour amorcer une ou plusieurs négociations interprofessionnelles, dont certaines sont déjà prévues dans le cadre par exemple de « l’agenda autonome », qui déboucheraient au plus tard au début de l’année 2027.
    • Le point de départ de ces travaux, non le point d’arrivée, pourrait être le document final de la Conférence.
  • S’agissant plus particulièrement du dossier des retraites, à quelques mois d’échéances politiques et législatives essentielles liées aux effets de la suspension temporaire d’une partie de la réforme de 2023, il serait opportun de définir et bâtir un cadre d’ensemble et ne pas aborder le sujet par des mesures à courte vue ravivant les oppositions et masquant les enjeux du moyen et long terme.
  • Une forme de tripartisme existe et s’impose de fait. Il est à la fois formel ou informel tant sont innombrables les réunions d’échanges entre, d’une part, les responsables politiques et administratifs de l’État et, d’autre part, les représentants des organisations professionnelles et syndicales. L’institutionnalisation de ce tripartisme pourrait aller plus loin, soit en élargissant le champ d’application de l’article L. 1 au-delà du Code du travail, soit en prévoyant une grande conférence annuelle lors de laquelle le Gouvernement et les partenaires sociaux échangeraient sur leurs projets réciproques ainsi que sur leurs potentielles interactions.
    • À cet égard, il serait sans doute temps de mettre à jour et de clarifier les champs respectifs de ce qui relève de la responsabilité des partenaires sociaux et ce qui relève de la responsabilité des pouvoirs publics.
    • On a vu précédemment que de nouvelles solutions pouvaient être mises en œuvre pour le pilotage du système de retraites. »