CPF : les réactions de FO, de la CGT et de la CFDT aux restrictions envisagées pour 2027
« Le gouvernement s’apprête à faire payer encore plus cher aux salariés l’accès à la formation, avec un reste à charge majoré qui pourrait atteindre 350 €, pour des droits acquis par leur travail », déclare FO le 09/10/2026 au sujet des nouvelles dispositions envisagées pour le compte personnel de formation dans le cadre du projet de loi de finances pour 2027.
« Cette volonté de réduire les financements auxquels les travailleurs peuvent prétendre pour se former est inédite. Elle traduit une démarche uniquement budgétaire, sans réelle stratégie de fond alors que les besoins de formation du monde du travail sont immenses pour faire face aux défis sociaux et environnementaux », selon la CGT.
« D’un droit personnel à la formation, le CPF deviendrait progressivement un droit sous conditions dans lequel l’accès à la formation dépendrait à la fois de la pertinence supposée du projet professionnel et de la capacité de chacun à en financer une partie », déclare la CFDT.
« Le CPF ne peut être réduit à une simple variable d’ajustement budgétaire. »
« De nouvelles barrières financières » (FO)
« Après les plafonds imposés depuis le 26/02/2026, le gouvernement dresse de nouvelles barrières financières. Une liste de certifications “prioritaires”, fixée par arrêté, décidera des formations que les salariés pourront suivre sans avoir de reste à charge. Les demandeurs d’emploi, jusqu’ici protégés, devront eux aussi débourser 150 € pour une certification non prioritaire, sauf cofinancement.
Les interlocuteurs sociaux ont été placés devant le fait accompli sans la moindre concertation.
Ces nouvelles dispositions autour du CPF, ce n’est pas de l’accompagnement, c’est une logique d’économies budgétaires, payée par les salariés et par les plus précaires. C’est un nouveau coup d’arrêt à la formation professionnelle.
Nous exigeons :
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le retrait pur et simple du reste à charge du CPF ;
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le maintien de l’exonération pour les demandeurs d’emploi ;
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le respect du libre choix de formation des salariés.
FO continuera à lutter, sans relâche, pour défendre les droits des salariés et l’accès de toutes et tous à la formation professionnelle. »
« Le CPF est un des seuls outils de formation professionnelle à la main des travailleurs » (CGT)
« Le projet de loi de finances 2027 prévoit de nouvelles économies sur le compte personnel de formation à hauteur de 350 M€.
Pour faire ces économies, il projette d’augmenter le reste à charge créé en 2024 en le passant de 150 à 350 € pour les formations jugées non prioritaires, qualifiées de “formations de confort” par le ministère du Travail lors de la réunion tardive organisée, le 06/10/2026, avec les organisations syndicales et patronales.
Concrètement, ce sera aux travailleurs de payer pour se former, alors que le coût de la vie explose et que les salaires stagnent.
Le Gouvernement souhaite soumettre les choix de formation des travailleurs à une liste de formations prioritaires, non connue à ce jour, et à un algorithme qui évaluera la maturité de leur projet.
Cette réforme est un recul alors que le CPF est un des seuls outils de formation professionnelle à la main des travailleurs et qu’il fait déjà l’objet de fortes pressions des directions d’entreprise dans son utilisation quotidienne. »
« Une démarche uniquement budgétaire, sans réelle stratégie de fond »
« Pire, le Gouvernement décide de cibler les près de 3 millions de privés d’emploi dans son projet en leur faisant payer un reste à charge de 150 € dont ils et elles étaient jusqu’ici exonérés, ce alors que leurs droits à indemnisation n’ont cessé d’être réduits et les sanctions sans cesse alourdies.
En plus de ne pas avoir concerté les organisations syndicales en amont du dépôt du PLF, le ministère du Travail affiche sur le site du CPF des règles rétroactives qui n’ont été ni débattues, ni votées, ni promulguées.
Cette volonté de réduire les financements auxquels les travailleurs peuvent prétendre pour se former est inédite. Elle traduit une démarche uniquement budgétaire, sans réelle stratégie de fond alors que les besoins de formation du monde du travail sont immenses pour faire face aux défis sociaux et environnementaux.
La CGT appelle le Gouvernement à retirer cette réforme régressive du CPF et les travailleurs à s’exprimer massivement dans les mobilisations du 05/11/2026, contre le recul de leurs droits à se former librement. »
« Le CPF deviendrait progressivement un droit sous conditions » (CFDT)
« Alors que la CFDT alertait déjà en juillet 2026 sur les risques d’une remise en cause de la philosophie du compte personnel de formation, les nouvelles pistes étudiées par le ministère du Travail viennent confirmer nos inquiétudes : un questionnaire préalable sur le projet professionnel, un reste à charge pouvant atteindre 350 euros et des formations orientées vers une liste de certifications prioritaires.
Derrière des mesures d’économies, c’est l’ADN même du CPF qui est en jeu.
D’un droit personnel à la formation, le CPF deviendrait progressivement un droit sous conditions dans lequel l’accès à la formation dépendrait à la fois de la pertinence supposée du projet professionnel et de la capacité de chacun à en financer une partie. Les demandeurs d’emploi seraient également concernés.
Pourtant, un parcours professionnel ne se construit pas uniquement en fonction des métiers considérés comme prioritaires à un instant donné. Reconversion, mobilité, évolution professionnelle ou encore anticipation des transformations du travail nécessitent de pouvoir se former au moment où cela est pertinent pour la personne.
Alors, la CFDT s’interroge : qui décidera qu’un projet professionnel mérite d’être financé et qu’un autre ne le mérite pas ? »
« Celles et ceux qui peuvent payer pourront se former »
« L’instauration d’un reste à charge serait particulièrement préoccupante pour les salariés aux revenus modestes et les personnes les plus fragilisées. Elle le serait également pour les demandeurs d’emploi, pour lesquels l’accès à la formation constitue un levier essentiel de retour à l’emploi et de sécurisation des parcours. Dans les faits, celles et ceux qui peuvent payer pourront se former, tandis que les autres devront renoncer ou reporter leur projet.
Pour la CFDT, le CPF ne doit devenir ni un outil de tri entre les projets professionnels, ni un droit réservé à celles et ceux qui ont les moyens d’en assumer le coût.
La CFDT demande au Gouvernement de renoncer à ces mesures et d’ouvrir une véritable concertation avec les partenaires sociaux. Parce qu’il constitue un droit essentiel pour sécuriser les parcours professionnels, accompagner les transitions et favoriser l’émancipation de chacun, le CPF ne peut être réduit à une simple variable d’ajustement budgétaire. »