Dialogue social

CFE-CGC : Christelle Thieffinne élue présidente avec 85,1 % des suffrages (39e congrès)


Christelle Thieffinne succède à François Hommeril à la présidence de la CFE-CGC le 10/06/2026 lors du 39e congrès de la confédération. Seule candidate en lice, elle a recueilli 85,1 % des suffrages. François Hommeril avait été réélu avec 93,3 % des voix lors du congrès de la CFE-CGC en mars 2023.

William Viry-Allemoz, élu secrétaire général, et Farida Karad, élue trésorière, forment le nouveau trio exécutif.

CFE-CGC : Christelle Thieffinne élue présidente avec 85,1 % des suffrages (39e congrès)
CFE-CGC : Christelle Thieffinne élue présidente avec 85,1 % des suffrages (39e congrès)

« Je veux faire de la CFE-CGC la troisième organisation syndicale de ce pays. Nous méritons d’être davantage entendus. Car notre ambition n’est pas simplement de prendre une place, mais de prendre toute notre place. Pour y parvenir, nous devons investir davantage dans nos militants, afin de les former et de les accompagner. Il n’y aura pas de développement durable de la CFE-CGC sans développement des compétences syndicales. Cette question constituera l’une des priorités de la mandature », déclare Christelle Thieffinne dans le discours précédant le suffrage. Dans son discours, Christelle Thieffinne a également identifié l’IA, l’entrée des jeunes dans le travail, la santé au travail et l’affaiblissement du dialogue social comme des priorités de mandature.

Intelligence artificielle : « l’une des grandes questions syndicales des années à venir »

« L’intelligence artificielle n’est pas une transformation comme les autres. Elle touche directement les métiers que représente la CFE-CGC : ceux de la finance, du conseil, des bureaux d’études, des activités juridiques et bien d’autres encore. Elle touche le cœur même de nos métiers. Elle soulève des questions de productivité, de compétences, de santé mentale, de charge de travail et de management. L’intelligence artificielle constitue par ailleurs une forme d’externalisation : une externalisation discrète, invisible, mais une externalisation tout de même. »

Jeunes, management et attractivité des responsabilités

« Comment devient-on senior quand on n’a jamais été junior ? Comment transmet-on un métier lorsque les premières marches de l’apprentissage disparaissent ? Je le dis clairement : au-delà de la défense des salariés, il s’agit de sauvegarder nos métiers et nos entreprises. Pour moi, c’est l’une des grandes questions syndicales des années à venir. »

« Qui parle vraiment de l’entrée des jeunes dans le travail ? Qui s’occupe d’eux ? Qui défend leur accès au premier emploi ? Qui s’inquiète de voir certaines filières former encore à des métiers dont nous savons déjà qu’ils seront profondément transformés ? Qui se demande si nous préparons réellement les jeunes au monde du travail qui les attend ? Je considère que c’est l’une des questions les plus importantes du moment, parce qu’il n’y aura pas d’encadrement demain si nous ne permettons pas aux jeunes d’entrer aujourd’hui dans le monde du travail. »

« Il devient de plus en plus difficile de donner envie aux jeunes de prendre davantage de responsabilités. L’effort n’est plus toujours reconnu à sa juste valeur. L’engagement n’apporte plus systématiquement les perspectives qu’il promettait autrefois. Les responsabilités, les contraintes et les risques augmentent, mais la reconnaissance ne suit pas toujours. Cela finit par produire du doute : un doute sur l’intérêt de s’investir davantage et donc de devenir manager, mais aussi sur la promesse même de progression. C’est le lien entre l’effort, la responsabilité, la reconnaissance et la progression qui se trouve aujourd’hui fragilisé. »

Économie, industrie et conditionnalité des aides publiques

« Nous savons qu’il n’y a pas de progrès social durable sans économie solide. Nous savons qu’il n’y aura pas de transition écologique sans compétences, sans industrie ni services capables d’accompagner les mutations. Mais nous savons aussi qu’aucune performance ne tient longtemps lorsqu’elle épuise celles et ceux qui la rendent possible. Nous ne refusons pas les réformes. Nous refusons, et nous le refuserons encore, les réformes mal pensées, imposées ou déséquilibrées, qui demandent toujours des efforts aux mêmes sans traiter les causes profondes des problèmes. Réformer, ce n’est pas affaiblir ; c’est au contraire améliorer. »

« Quand de l’argent public est engagé, il doit servir l’emploi qualifié, la formation, l’investissement, l’ancrage territorial et la transition écologique. Les aides publiques doivent être ciblées, contrôlées et conditionnées. »

Santé au travail et rôle du management

« La charge de travail, les injonctions contradictoires, les risques psychosociaux, la santé mentale, le droit à la déconnexion ou encore la place du management de proximité ne sont pas des sujets annexes. Une performance qui épuise celles et ceux qui la rendent possible finit toujours par fragiliser l’entreprise. Dans un contexte où le collectif de travail est fragilisé, les managers ne doivent pas devenir le point de convergence de toutes les contradictions de l’organisation. »

Dialogue social : « Les réformes ont éloigné les représentants du personnel des salariés »

« Depuis plusieurs années, trop de réformes du dialogue social en entreprise ont eu le même effet : éloigner les représentants du personnel des salariés. On nous a expliqué qu’il fallait simplifier, moderniser, rationaliser. Mais sur le terrain, cela a souvent produit des instances où l’on traite tous les sujets à la fois. Il faut être spécialiste de tout, avec moins d’instances, des réunions plus longues et toujours davantage de dossiers techniques à examiner. Au final, il reste moins de temps pour être au contact des salariés. »

« Notre expertise n’a de valeur que si elle reste nourrie par le réel, par les métiers et par ce que vivent les salariés. Un syndicat n’est pas fait pour cocher des cases ou traiter uniquement des dossiers techniques. Il est fait pour écouter, alerter, proposer et agir. »