Droits des salariés

Think RH 2022 : "Un dialogue social de crise économique" (Guillaume Trichard, Unsa)

Par Sylvie Aghabachian | Le | Négociation collective

« Nous ne sommes pas encore sortis de la crise de la Covid-19. Et le dialogue social aujourd’hui est un dialogue social de crise économique. De nombreuses entreprises sont en difficulté avec notamment des ruptures d’approvisionnement », déclare Guillaume Trichard, secrétaire général adjoint de l’Unsa, lors de la table ronde « Nouvelles formes du dialogue social : comment créer de la confiance ? » organisée par News Tank dans le cadre de Think RH 2022, le 7 juillet 2022.

Guillaume Trichard - © D.R.
Guillaume Trichard - © D.R.

Un dialogue social continu pendant la crise sanitaire

« Le dialogue social ne s’est pas arrêté pendant la crise sanitaire. Contrairement à ce qu’on pouvait craindre, des milliers d’accords ont été signés, ce qui a montré une certaine résilience de l'écosystème du dialogue social dans les entreprises et les branches. D’ailleurs, les organisations syndicales ont été les premières demanderesses de la négociation des accords pour traverser cette crise », souligne Guillaume Trichard.

Cependant, « nous ne sommes pas encore sortis de la crise de la Covid-19. Et le dialogue social aujourd’hui est un dialogue social de crise économique. De nombreuses entreprises sont en difficulté avec notamment des ruptures d’approvisionnement ».

Transformation numérique du dialogue social

La visioconférence est un apport bénéfique de la crise, selon Guillaume Trichard : son utilisation « a appris à la direction des entreprises comme aux organisations syndicales à organiser des réunions de travail, de négociation sans parcourir des centaines, voire des milliers de kilomètres. C’est à la fois bon pour l’environnement mais aussi pour les négociateurs, même si rien ne remplace vraiment une réunion en présentiel ».

« Les ordonnances Travail n’ont absolument pas permis une accélération de la transformation numérique des relations du dialogue social dans les entreprises. En effet, lorsque le confinement est arrivé, le dialogue social a souffert dans les entreprises qui ne permettaient pas aux syndicats de communiquer aux salariés à distance. Ainsi, des organisations syndicales ont créé leur propre espace ».

Une rupture de la confiance 

« Souvent, des dirigeants d’entreprise transmettent aux élus du CSE des informations sur papier en début de réunion et reprennent ce document à la fin, sous prétexte de confidentialité. Au-delà des questions juridiques, c’est une entrave au rapport de confiance avec les partenaires sociaux. Au contraire, pour construire de la confiance, l’entreprise doit partager sa vision stratégique, même si elle est soumise à la critique.

La transparence est au cœur du dialogue social. Malheureusement, dans 99 % des entreprises, le dialogue social n’est pas installé dans la confiance. Nous le voyons dans beaucoup d’entreprises avec des débrayages de mouvements syndicaux sur la thématique du pouvoir d’achat. Les représentants du personnel ne comprennent pas que l’entreprise annonce des profits et des bénéfices tout en ne versant que 0,5 ou 1 %, voire 1,5 % d’augmentation salariale. Il y a alors une rupture de confiance ».

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