Droits des salariés

L’Autre Cercle : 37 % des salariés LGBTQIA+ victimes de discrimination par leur direction (Baromètre Ifop)

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37 % des salariés LGBTQIA+ ont été victimes de discrimination de la part de leur direction, en hausse de 12 points depuis 2024, selon les données du baromètre biennal de l’inclusion des personnes LGBTQIA+ dans le monde du travail réalisé par l’Ifop pour L’Autre Cercle, publié le 22/04/2026.

« Nous mesurons à travers cette 5e vague un véritable phénomène de “backlash” qui percute le monde professionnel. L’augmentation conjointe des indicateurs d’hostilité, sur les discriminations, les insultes, les agressions d’un côté, et de la visibilité de l’autre, traduit une forte crispation, que l’on peut voir comme la conséquence sociologique directe d’une meilleure visibilité des minorités », indique François Kraus, directeur du pôle Genre, sexualités et santé sexuelle de l’Ifop.

 L’Autre Cercle : 37 % des salariés LGBTQIA+ victimes de discrimination par leur direction (Baromètre Ifop)
L’Autre Cercle : 37 % des salariés LGBTQIA+ victimes de discrimination par leur direction (Baromètre Ifop)

« 50 % des salariés en France déclarent avoir déjà entendu des insultes ou des expressions LGBTphobes sur leur lieu de travail »

Selon le baromètre :

  • « La progression de la visibilité des salariés LGBTQIA+ se heurte à un climat de plus en plus tendu. Le monde du travail n’est pas imperméable aux fractures de la société ; la banalisation des comportements hostiles y a des effets bien concrets : une personne salariée sur cinq a déjà constaté des traitements inégaux envers les personnes LGBTQIA+ dans son organisation.

  • Ce durcissement ne peut s’expliquer par le seul recul du seuil de tolérance. L’accueil réservé à la visibilité des collègues LGBTQIA+ se dégrade également : la gêne face au coming-out d’un collègue augmente de 6 points en deux ans, passant à 31 %. Ce malaise est encore plus marqué lorsqu’il s’agit d’un coming-out trans ou non-binaire : 25 % des salariés non-LGBTQIA+ se disent mal à l’aise dans le cas d’un collègue trans, et 24 % pour un collègue non-binaire.

  • 81 % des salariés LGBTQIA+ non visibles estiment que cela est positif pour leur bien-être au travail, signe que, pour beaucoup, la discrétion reste d’abord une stratégie de protection. »

D’un côté, nous mesurons avec satisfaction une progression historique de la visibilité depuis huit ans. De l’autre, cette libération se heurte à un durcissement des comportements et à une hausse des inégalités. Si l’on n’inverse pas rapidement la tendance, le risque est évidemment un retour des stratégies d’invisibilité par souci de protection. Or, qui dit invisibilité, dit renoncement à certains droits, et donc inégalité, a minima conjoncturelle.

Catherine Tripon, porte-parole fédérale & co-responsable bénévole du pôle employeurs de L’Autre Cercle


« L’engagement des organisations n’est plus une option »

« L’employeur est le garant légal de la santé, physique et mentale, et de la sécurité de ses salariés »

« Le focus spécifique du Baromètre sur les salariés des organisations signataires de la Charte d’Engagement LGBTQIA+ de L’Autre Cercle, montre que les politiques de Diversité, Équité et Inclusion fonctionnent, dès lors qu’elles sont suivies d’effets concrets, mesurables, et prises en compte par l’ensemble de la chaîne managériale. »

Les chiffres clés du Baromètre 2026 - panel organisations signataires

  • 91 % des salariés des organisations signataires de la Charte d’Engagement LGBTQIA+ de L’Autre Cercle jugent leur organisation « LGBT-friendly », contre 75 % en moyenne pour le panel national représentatif ;

  • Les personnes concernées déclarent subir moins de discriminations dans les organisations engagées : 20 %, contre 37 % ;

  • 23 % des personnes LGBTQIA+ rapportent avoir fait l’objet d’agressions physiques au travail en moyenne nationale, contre 4 % dans les organisations signataires.

« L’inclusion ne profite pas uniquement aux minorités »

  • Le taux d’épanouissement au travail atteint 83 % pour les organisations proposant un cadre très inclusif, contre 55 % pour celles ne le proposant pas, soit une différence de 28 points (chiffres du panel national).

« Un environnement de travail sécurisant et bienveillant rejaillit sur l’ensemble des collaboratrices et collaborateurs, générant un collectif de travail plus résilient et solidaire. Ainsi, dans les organisations signataires, la qualité de vie au travail y est jugée meilleure : le niveau d’épanouissement global atteint 74 % (contre 69 % en moyenne nationale). »

Méthode du baromètre

L’étude Ifop pour L’Autre Cercle a été réalisée en ligne du 26/01 au 06/02/2026 auprès d’un panel national représentatif de de 10 185 salariés, dont 942 LGBT (personnes homosexuelles, bisexuelles et trans).

Afin de mesurer l’impact de la Charte d’Engagement LGBTQIA+ de L’Autre Cercle (par comparaison avec l’échantillon national représentatif servant de base de référence), le baromètre inclut les données d’une consultation en ligne réalisée du 12/01 au 04/02/2026 auprès de 46 833 salariés travaillant dans 93 organisations signataires de la Charte d’Engagement LGBTQIA+, dont 7 116 LGBT (personnes homosexuelles, bisexuelles et trans).