Syndicats

Thierry Douine, FGT-CFTC Transports : "Il faut faciliter l'engagement des jeunes et des femmes"

Par Agnès Redon | Le | Fédérations et confédérations

282 personnes et plus de 1800 à distance ont assisté au congrès de la FGT-CFTC Transports à Tours du 26 au 28 janvier 2022. Son président Thierry Douine fait le point sur ce rendez-vous, les revendications et les négociations en cours.

Thierry Douine Président FGT-CFTC Congrès CFTC Transports  - ©  D.R.
Thierry Douine Président FGT-CFTC Congrès CFTC Transports - ©  D.R.

Quelles sont vos impressions à l’issue de ce congrès ?

En raison de la crise sanitaire, nous pensions que beaucoup auraient annulé leur venue mais ce fut un succès avec la présence de 282 personnes et plus de 1800 visionnages sur le live. Nous ne pouvions pas exposer certains passages du congrès au grand public, comme la validation des comptes mais nous voulions faire connaître le syndicalisme. Nous avons donc décidé de passer en live les 3 tables rondes au programme de notre congrès.

La visio a rencontré un franc succès. Les personnes qui se sont déplacées étaient vraiment heureuses de se retrouver, après plus de 2 ans à distance. En effet, les syndicalistes ont besoin d’un rapport de proximité, de contact entre militants, avec le terrain, les salariés.

Il n’est pas courant d’avoir la possibilité d’assister à un congrès syndical en live. Quels étaient vos objectifs ?

C’est une première. Pourtant, je ne suis pas tout jeune, j’ai 60 ans, je suis syndicaliste depuis 1992 et cette fédération a été créée en 1998. Je me suis beaucoup occupé du transport routier au départ puis j’ai gravi les échelons. J’en suis aujourd’hui à mon quatrième et dernier mandat de président.

Dans notre organisation, nous avons été les premiers à concevoir un site Internet et, à ce jour, nous sommes sur tous les réseaux sociaux et nous avons même une chaîne YouTube, où les militants parlent de leurs métiers. Il faut s’adapter aux bouleversements qui touchent le monde du travail, le télétravail pour certains salariés du transport réduisent considérablement le contact humain.

Et si nous voulons toucher les jeunes, qui sont souvent dans l’individualisme, et donner du sens au syndicalisme et au collectif, il faut les convaincre avec des médias accrocheurs, par exemple avec des capsules vidéo de quarante secondes.

Est-ce un défi majeur de rajeunir le syndicalisme ?

Oui, non seulement le taux de syndicalisme en France est faible mais en plus la pyramide des âges dans notre secteur est très élevée, beaucoup sont en train de partir à la retraite.

Même si les quorums sont atteints lors des élections dans les grandes entreprises, il est très difficile de trouver des candidats dans les entreprises plus petites. C’est pour cela qu’il faut tout mettre en œuvre pour faciliter leur engagement.

Ce sujet a fait l’objet d’une table ronde lors de notre congrès, intitulée « Les syndicats, symboles de “l’ancien monde” ? Quelle place pour le collectif dans le règne de l’individualisme et de la mondialisation ? ».

Quels ont été les sujets principaux abordés lors du congrès ?

Les sujets principaux étaient les suivants :

  • Les métiers en tension ;
  • La restructuration de notre organisation et les relations digitales entre les militants ;
  • Faire croître le nombre de nos adhérents. Dans le transport routier, nous représentons 14 % des salariés ;
  • Avoir des positions fortes sur les décisions nationales et se faire entendre ;
  • Le rajeunissement et la féminisation du syndicalisme. Même si le transport reste majoritairement un monde masculin, il se féminise progressivement. Il faut que les femmes se sentent accueillies dans le syndicalisme ;
  • Répondre aux difficultés des salariés sur le terrain ;
  • Essayer de travailler avec les entreprises pour redonner de l’attractivité au monde du transport aux jeunes. L’une de nos tables rondes était intitulée : « Comment redorer l’image de notre métier pour transmettre la passion du Transport et sauver notre secteur ? ». En effet, à l’heure actuelle, la pénurie de conducteurs routiers est grave : nous en recherchons 50 000 ;
  • Les salaires ;
  • La qualité de vie au travail, qui est l’un des sujets les plus importants sur les métiers les plus pénibles, en particulier sur l'équilibre entre vies personnelle et professionnelle, auquel les jeunes sont très attachés. 

Avec ce congrès, quel bilan faites-vous de votre activité syndicale ?

Le rapport d’activité du secrétaire général et la comptabilité ont été votés à 100 % des voix et le rapport d’orientation stratégique 2022-2026 à 93 %. Les adhérents nous ont donc renouvelés leur confiance.

Ce bilan concernait notamment :

  • La formation professionnelle ;
  • Les salaires, qui n’ont augmenté que de 4,3 % ces 4 dernières années. Les négociations n’ont pas été très fructueuses ;
  • La protection sociale qui met désormais l’accent sur la prévention, par exemple pour apprendre à mieux manger. En effet, l’obésité est un problème important de notre secteur, ce qui engendre de nombreuses maladies ;
  • Les conditions de travail.

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