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CGT : mobilisation à la rentrée et mesures d’urgence pour le pouvoir d’achat

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« Pour la journée de grève interprofessionnelle le 29/09/2022, nous demandons une hausse du Smic, une augmentation automatique des minima de branches et une réduction du temps de travail. » déclare Philippe Martinez, secrétaire général de la CGT, sur BFMTV le 13 juillet 2022. Une liste de mesures d’urgence pour le pouvoir d’achat a été définie par la CGT.

CGT : mobilisation à la rentrée et mesures d’urgence pour le pouvoir d’achat
CGT : mobilisation à la rentrée et mesures d’urgence pour le pouvoir d’achat

Journée de grève interprofessionnelle le 29 septembre 2022

« La mobilisation sera à l’ordre du jour à la rentrée. La CGT travaille avec d’autres syndicats dont Solidaires pour le moment. Nous espérons que d’autres nous rejoindront. Toutes les organisations syndicales de France ont signé un texte unitaire sur les questions de pouvoir d’achat et de salaires qui sont d’actualité. 

Quand il y a du mécontentement, on nous dit toujours que ce n’est pas le moment. Les directions d’entreprise, les ministres devraient d’abord s’appliquer à répondre aux revendications des salariés plutôt que de les culpabiliser quand ils font part de leur mécontentement. »

Les dix mesures d’urgence de la CGT

Pour la CGT, il est « urgent de prendre des décisions fortes en faveur de l’augmentation générale des salaires, des minima sociaux, du Smic et du pouvoir d’achat ». Le syndicat formule les dix mesures d’urgence suivantes :

  • Un Smic à 2.000 euros bruts (15 € de l’heure) pour répondre aux besoins élémentaires incompressibles. Une augmentation automatique de toutes les grilles de salaires dans les branches, les entreprises et les administrations dès lors que le Smic est réévalué (revendication CGT d’une échelle mobile des salaires). L’augmentation du point d’indice dans la fonction publique pour rattraper toutes les années de gel. L’ouverture ou la réouverture immédiate des négociations salariales dans les branches, les entreprises et administrations pour l’augmentation générale des salaires ;
  • L’égalité professionnelle et salariale entre les femmes et les hommes pour éradiquer durablement cette discrimination. Nous demandons des sanctions vis-à-vis des entreprises ne respectant pas cette obligation. Selon l’Insee, l’écart de salaire demeure à 28,7 % ;
  • La reconnaissance des diplômes dès l’embauche, le paiement de la qualification à la même hauteur, quel que soit le secteur dans lequel on travaille ;
  • Un revenu de remplacement pour tous les privés d’emploi au minimum au niveau du Smic. Actuellement, un chômeur sur deux n’est pas indemnisé ;
  • L’augmentation des pensions des retraités avec un niveau minimum égal de 2 000 € brut ;
  • Une allocation d’autonomie pour les étudiants et les jeunes en recherche d’un premier emploi et une augmentation des salaires pour les apprentis ;
  • L’encadrement à la baisse des loyers et le plafonnement de la quittance (loyer + charges) à 20 % du revenu des ménages ;
  • La baisse de la TVA à 5,5 % sur les produits de première nécessité, notamment l’alimentaire et l’énergie ;
  • La baisse des prix des carburants, en ponctionnant sur les revenus du capital des entreprises multinationales du secteur pétrolier ;
  • L’arrêt des exonérations de cotisations sociales et fiscales ainsi que le conditionnement des aides publiques aux entreprises.

Positionnement sur d’autres mesures 

Par ailleurs, Philippe Martinez s’est déclaré favorable à un conditionnement des exonérations de cotisations patronales à une négociation des salaires. « La CGT est pour la suppression de ces exonérations de cotisations. Nous avons besoin de cotisations sociales permettant la solidarité. Or, comme elles sont à 1,6 fois le smic, cela encourage les patrons à maintenir des salaires bas pour leurs salariés. »

Concernant la mise en place d’un impôt exceptionnel sur les bénéfices des grandes énergétiques et financiers, annoncée par le gouvernement espagnol le 12 juillet 2022, Philippe Martinez pense que c’est une bonne mesure : « Cet impôt pour compenser les mesures de soutien de ces deniers mois en lien avec l’inflation est une très bonne mesure. C’est reverser beaucoup moins d’argent aux actionnaires, voire pas du tout, de sorte que cet argent bénéficie aux salariés de ces entreprises, voire même aux salariés des sous-traitants. »

En revanche, l’augmentation du nombre d’heures supplémentaires défiscalisées ne lui semble pas être une bonne idée. « Il faut à tout prix éviter les heures supplémentaires, car si les travailleurs en font, c’est parce que leurs salaires sont trop bas, et aussi tout ce qui est défiscalisé, car cela nuit au final à la collectivité. Les cotisations sociales permettent par exemple de financier la santé. Les impôts permettent de rénover les routes, de construire des lycées, des hôpitaux et donc utiles à l’ensemble de la société. »

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