Dialogue social

Crédit Agricole : « Les NAO de 2026, une parodie de négociation » (Samuel Mathieu, CFE-CGC)


« Les NAO pour la branche Crédit Agricole ne se sont pas bien déroulées. Elles ont duré moins de trois heures et se sont conclues en novembre 2025 par une décision unilatérale de la direction. Celle-ci a décidé d’une augmentation de 0,5 % de la rémunération conventionnelle, qui représente 88 % de la rémunération globale, ce qui équivaut à une augmentation générale de 0,44 %. Cette décision est très éloignée de l’inflation prévisionnelle de 1,3 % pour 2026 », déclare Samuel Mathieu, président du SNECA CFE-CGC au Crédit Agricole.

Crédit Agricole : « Les NAO de 2026, une parodie de négociation » (Samuel Mathieu, CFE-CGC)
Crédit Agricole : « Les NAO de 2026, une parodie de négociation » (Samuel Mathieu, CFE-CGC)

Quel est le résultat des NAO chez Crédit Agricole ?

Les NAO pour la branche Crédit Agricole ne se sont pas bien déroulées. Elles ont duré moins de trois heures et se sont conclues en novembre 2025 par une décision unilatérale de la direction. Celle-ci a décidé d’une augmentation de 0,5 % de la rémunération conventionnelle, qui représente 88 % de la rémunération globale, ce qui équivaut à une augmentation générale de 0,44 %. Cette décision est très éloignée de l’inflation prévisionnelle de 1,3 % pour 2026.

Une séance de négociation est prévue le 27/01/2026, et nous envisageons une mobilisation le 22/01/2026

En octobre 2025, les trois organisations syndicales représentatives ont quitté la table des négociations et, en novembre 2025, elles ont de nouveau quitté la table après avoir tenté de rouvrir les discussions. Une intersyndicale a été formée, incluant la CGT, FO, Unsa et le Syndicat national des agents du Crédit Agricole. Cependant, en décembre 2025, la CFDT a quitté cette intersyndicale pour retourner aux négociations, arguant qu’il restait d’autres accords à négocier au niveau de la branche. Nous restons en intersyndicale, sans la CFTC et la CFDT, et continuons à demander la réouverture des négociations. Une séance de négociation est prévue le 27/01/2026, et nous envisageons une mobilisation le 22/01/2026. Nous n’avons pas encore communiqué officiellement sur cette mobilisation, mais nous prévoyons de le faire très prochainement.

La direction a décidé d’accorder une augmentation de 0,5 % de la rémunération conventionnelle. Quels principaux facteurs économiques ou stratégiques ont motivé cette décision ?

La direction justifie cette décision par la possibilité de négociations locales pour les enveloppes individuelles, qui récompensent les promotions ou les mérites individuels. Toutefois, cela ne permet pas de maintenir le pouvoir d’achat pour tous les salariés. Nous avons proposé une augmentation conventionnelle de 1,5 %, correspondant à une augmentation générale de 1,3 %, afin de couvrir l’inflation. Cela aurait coûté environ 60 M€ aux caisses régionales, un montant que nous estimons absorbable étant donné leurs résultats annuels de 3,5 Md€.

Quelle a été la réponse de la direction lorsque vous avez présenté ces arguments lors des négociations ?

La direction n’a pas répondu à ces arguments, restant ferme sur sa position, ce qui a donné l’impression d’une parodie de négociation. Nous soulignons que d’autres banques, comme le Crédit Mutuel et la Caisse d’Épargne, ont accordé des augmentations plus élevées. Même la BNP a attribué une prime. Tout cela rend la position du Crédit Agricole difficile à comprendre. Nous continuons à exiger une reconnaissance adéquate de l’investissement des salariés.

Comment qualifiez-vous le dialogue social chez Crédit Agricole ?

Le dialogue social au Crédit Agricole se déroule à deux niveaux. Au niveau de la branche, nous avons signé des accords sur des sujets tels que les incivilités et le handicap. Cependant, dès que les accords impliquent des dépenses pour les caisses régionales, les négociations deviennent plus compliquées.

Il est important que les caisses régionales soient prêtes à investir dans le bien-être de leurs salariés

Le dialogue social est bon, mais il est crucial que la branche ne se fragilise pas en refusant de négocier sur des sujets symboliques comme les salaires. Il est important que les caisses régionales soient prêtes à investir dans le bien-être de leurs salariés, étant donné leurs solides résultats financiers. Nous avons l’impression que, bien que la branche soit vivante, il est nécessaire d’ouvrir plus largement les discussions et que les caisses régionales soient prêtes à investir davantage dans leurs salariés.

Quel est l’agenda social pour 2026 ?

Nous devons élaborer l’agenda social en janvier 2026. Notre position dépendra des événements du 22/01/2026. Parmi les priorités, nous devons renégocier des accords sur les conditions de travail et l’égalité professionnelle, qui arrivent à échéance. Nous souhaitons également mettre en place un accord de branche sur l’aménagement des fins de carrière, car il existe un réel besoin dans ce domaine.

Nous souhaitons instaurer un accord sur l’introduction de l’intelligence artificielle

Bien que certaines caisses régionales aient signé des accords localement, d’autres n’en ont pas, et un accord de branche serait bénéfique.

De plus, nous souhaitons instaurer un accord sur l’introduction de l’intelligence artificielle, car elle est susceptible de supprimer des postes dans les caisses régionales. Il est donc crucial d’avoir un accord permettant d’accompagner les collègues et d’anticiper ces transformations. Nous attendons de voir si la direction accepte de mettre ce sujet à l’ordre du jour des négociations de 2026.