Syndicats

"La cohésion sociale de notre république, c’est aussi le paritarisme" Frédéric Souillot, FO

Par Agnès Redon | Le | Représentants syndicaux

Loi pouvoir d’achat, réforme des retraites, paritarisme et dialogue social. Ce sont quelques-uns des sujets d’actualité analysés par Frédéric Souillot, secrétaire général de Force ouvrière, lors du débriefing social organisé par News Tank RH et La fabrique du social, le 29 septembre 2022, à Paris.

Débriefing social, le 29 septembre 2022 - © D.R.
Débriefing social, le 29 septembre 2022 - © D.R.

Pouvoir d’achat

Nous n’appelions ni à la grève ni à la manifestation, mais nous donnions des pistes de sujets aux parlementaires qui ont discuté de ce projet de loi. Malheureusement, ça n’a pas fonctionné

« Nous avons décidé de mettre en place l’intersyndicale la plus large possible et le 13 juillet 2022 et nous avons publié un communiqué sur le pouvoir d’achat. Dans ce communiqué, nous parlions d’augmentation des salaires puisque l’on n’a pas connu une inflation comme celle-ci depuis 40 ans. Comment y faire face sans tomber dans ce que certains économistes appellent la récession de demain ?

Dans ce communiqué, nous n’appelions ni à la grève ni à la manifestation, mais nous donnions des pistes de sujets aux parlementaires qui ont discuté de ce projet de loi, car nous pouvions avancer tous ensemble :

  • Dégel du point d’indice ;
  • Augmentation du Smic ;
  • Conditionnalité des aides publiques aux entreprises qui ont été mises en place afin que notre balance du commerce extérieur se tienne.

Malheureusement, ça n’a pas fonctionné », a regretté Frédéric Souillot.

« La vision de l’entourage du président de la République, c’est la “start up nation” . Ils ne savent pas de quoi ils parlent. Leur vision du salariat est basée sur le modèle Uber. Elisabeth Borne est ouverte à la discussion mais ses marges de manœuvre sont restreintes ».

Retraites

L’enjeu de la réforme des retraites devrait reposer sur les fins de carrière. Même Bruno Le Maire l’admet

Frédéric Souillot a rappelé son opposition à la réforme des retraites : « nous avons répété au président de la République que nous refusions l’allongement de la durée de cotisation ou le recul de l’âge de départ. Emmanuel Macron n’a pas été élu pour le recul du départ de l'âge à la retraite à 65 ans. L’enjeu de la réforme des retraites devrait reposer sur les fins de carrière. Même Bruno Le Maire l’admet, nous sommes le pays européen où le taux d’emploi des plus de 55 ans est le plus bas. C’est une réalité : 50 % de ceux qui liquident leur retraite à 62 ans ne sont déjà plus en emploi ».

Des alternatives à cette réforme sont envisageables, selon le secrétaire général de FO : « il y a des excédents budgétaires sur les retraites : cela signifie que nous n’avons pas à aller chercher de l’argent. Avec cet excédent, nous pourrions réfléchir à la prévention, car c’est par elle qu’on va faire diminuer les départs prématurés et apporter une solution ».

Paritarisme

Concernant le paritarisme, Frédéric Souillot a souligné son importance : « aujourd’hui, ce qui fait en partie la cohésion sociale de notre république, c’est le paritarisme, à savoir notre protection sociale collective, les charges ou les cotisations et la négociation collective. C’est l’article 1er du Code du Travail qui prévoit la concertation préalable entre les organisations syndicales et patronales pour l’ouverture d’une négociation éventuelle.

Ainsi, comme nous l’avons expliqué à l'Élysée et à Matignon, quel que soit le sujet, si nous avons un accord national signé majoritairement et si nous demandons la transposition de cet accord national interprofessionnel dans la loi, il y aura une majorité pour voter la loi. Dans le contexte actuel, c’est peut-être le plus simple ».

Dialogue social

Une fois le 1er tour des législatives passé, le 16 juin 2022, le dialogue social est soudainement devenu le Graal pour Emmanuel Macron. Sans majorité absolue, il était bien obligé de discuter

S’agissant de la volonté d’Emmanuel Macron de s’engager dans un dialogue social, Frédéric Souillot a dénoncé une posture électoraliste : « à la veille du premier tour des élections législatives, Emmanuel Macron nous a annoncé son intention de créer le CNR (Conseil National de la Refondation). Il a reconnu qu’il avait peu engagé le dialogue social lors de son premier quinquennat. Les corps intermédiaires ne l’intéressent pas. Pour lui, le dialogue social représentait plus un frein que la possibilité de trouver un consensus. Une fois le premier tour des législatives passé, le 16 juin 2022, le dialogue social est soudainement devenu le Graal. Sans majorité absolue, il était bien obligé de discuter ».

Transférer cet article à un(e) ami(e)